16 mars 2016

Oeuvre numérisée et développement d'un art de masse.



Nous avons souvent à faire à des internautes dus site Repro-tableaux.com qui font les remarques suivantes et qui nous disent : 
"ce que vous faites, ce n'est pas de l'art !"
"vous faites du mal aux oeuvres d'art !"
"votre activité nuit à celle des artistes contemporains" ....

J'en passe, et des meilleures ! Parfois, ce sont presque des insultes. 

Ma réponse la plus classique est de rappeler à mes interlocuteurs qu'ils ne s'offusquent pas, a priori, qu'on écoute depuis deux siècles (1807, l'anglais Thomas Young invente le disque), des enregistrements de musiciens et de chanteurs (disques, cassettes, DVC, fichiers mp3).  Pourquoi en serait-il autrement avec les reproductions des oeuvres visuelles ?

Mais après une petite recherche sur internet, j'ai pu trouver quelques arguments  pour "détendre" mon activité de vendeur de reproduction de tableaux auprès de ces personnes énervées.


LA PREMIÈRE OEUVRE "DIGITALE" DATE DE 1642

Tout d'abord, on découvre, grâce à l'auteur Williams Irvins, qu'il existe des liens étroits entre les sciences, l'art et la théologie dans l'invention par la Renaissance des premières images calculées. Les artistes et les scientifiques ont cherché tous les moyens de calcul disponibles pour essayer de reproduire des oeuvres à l'identique. La numérisation par l'ordinateur n'est ainsi pas une nouveauté mais plutôt l'accélération de ce mouvement ancien.

On attribue la première gravure "digitale" à un allemand, Ludwig Von Siegen, en 1642. Le procédé utilisé consiste à marquer toute la plaque à l'aide d'un instrument appelé berceau, fait de petites dents aiguës qui creusent une multitude de petites trous, l'équivalent de pixels aujourd'hui. On peut assimiler cela à la première pixélisation de l'image pour aboutir à une reproduction fidèle.

Cette entreprise de reproduction ne date donc pas d'hier. La volonté de reproduire a toujours existé ! La seule différence est qu'aujourd'hui, on le fait mieux, plus rapidement et à des coûts peu élevés (voir mon article précédent sur "l'impression numérique au service de l'art").



LES CRAINTES LIÉES À LA DÉCHÉANCE DE L'AURA DE L'OEUVRE

En fait  ce qui gène certaines personnes, c'est que la technologie moderne (la reproduction numérique d'images pour ce qui concerne le site Repro-taleaux.com) porte atteinte aux critères intrinsèques de l'aura, qui est ce qui définit l'oeuvre d'art traditionnelle, selon l'auteur Yannick Maignien. Ainsi, traditionnellement, l'aura d'une oeuvre est constituée de des critères d'authenticité , d'originalité ou la non-copie, de séparation de l'auteur et du lecteur (ou du spectateur). Ces critères ne sont aujourd'hui plus de mise.

Ainsi, pour certains, si une oeuvre ne répond pas à ces critères, ça n'est pas une oeuvre d'art. La reproduction ne serait qu'une dénaturation.



UN PROBLÈME DE PERCEPTION DE L'ART

Dans l'esprit collectif, on aurait une approche matérialiste de l'art, selon Walter Benjamin. On accepte l'expression de l'art dans la forme technique dans laquelle elle a été produite. La projection d'images animées au cinéma ne pose pas de problème, puisque l'oeuvre a été conçue ainsi. De même, personne ne voit rien à redire de la diffusion d'une oeuvre créée à partir d'un logiciel informatique sur internet et sur les réseaux sociaux.

En revanche, la reproduction n'est pas l'identique, elle contribue à une "déchéance de l'aura" qui dissout l'oeuvre. Ainsi, le critère d'authenticité cesse d'être applicable à la production artistique, et l'ensemble de la fonction sociale de l'art se trouve renversé.


DES OEUVRES D'ART DESTINÉES À LA REPRODUCTIBILITÉ

Ce qui gène nos contemporains, c'est que l'oeuvre d'art reproduite devient reproduction d'une oeuvre d'art destinée à la reproductibilité. 

(à compléter)


Sources :

http://www.larecherche.fr/savoirs/dossier/oeuvre-art-sa-reproduction-numerique-01-01-1998-88354
http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1996-01-0016-002
https://archive.org/stream/printsandvisualc009941mbp#page/n7/mode/2up



Quelques références bibliographiques sur l’art numérique, pour aller plus loin :
  • Christiane Paul, L’Art numérique, Thames & Hudson, 2008.
  • Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, Les Presses du Réel, 1998.
  • Joline Blais & Jon Ippolito, At the edge of art, Thames & Hudson.
  • Richard Colson, The Fundamentals of Digital Art, Ava, 2007.
  • Bruce Wands, L’Art à l’ère numérique, Thames & Hudson, 2007.
  • Edmond Couchot, Norbert Hillaire, L’Art numérique, Champs-Flammarion, 2009.
  • Florent Aziosmanoff, Living Art, L’Art numérique, CNRS Editions, 2010.
  • Williams M. Irvins, Prints and Visual Arts, Harward University Press, 1993.


7 mars 2016

Atelier de reproductions d'oeuvres d'art

Pour reproduire des tableaux comme nous le faisons depuis 1999, il ne s'agit pas simplement de choisir les dimensions de la reproduction et de cliquer ensuite sur un bouton pour que la production se réalise, comme beaucoup le croit. 

Non ! Il s'agit vraiment de l'alliance de la technologie numérique avec des métiers de l'artisanat traditionel.

Reprenons en détail les étapes de fabrication d'une reproduction de tableaux en nous référant à notre article précédent concernant l'impression numérique au service de l'art. Dans le travail de reproduction, il y a 3 étapes de bases :

  1. La capture de l'image
  2. Le traitement de l'image
  3. L'impression de l'image

A chacune de ses étapes, on doit associer un savoir-faire artistique-artisanal et une haute technologie. 



LA DIMENSION TECHNOLOGIQUE

* pour la capture de l'image, il convient d'avoir un appareil numérique de très haute définition (dimension technologique


appareil photo numérique
appareil photo numérique
* pour ce qui concerne la transformation des diapositives des oeuvres originales, nous utilisons des scanners de très haute résolution (dimension technologique).


scan numérique d'une diapositive de tableau
scan numérique d'une diapositive de tableau

* pour le traitement de l'image, il faut un éditeur d'image comme Photoshop afin de retoucher les images, si nécessaires, pour le paramétrage des couleurs et la rectification de certains détails défectueux.


* pour l'impression de l'image, il faut des imprimantes numériques de dernière génération capable d'avoir une résolution très haute pour un rendu optimum des détails de l'oeuvre originale, et un éventail de couleurs très large afin de représenter toutes les nuances de couleurs. Pour ce faire, nous utilisons des imprimantes à 8 ou 12 couleurs. La grande diversité des mélanges possibles permet la représentation de toutes les nuances de couleurs, afin de s'approcher au plus juste de l'oeuvre originale.

imprimantes numériques
imprimantes numériques

imprimante numérique sur support rigide
imprimante numérique sur support rigide


* les découpes de tableaux imprimés se font de manière numérique pour une précision optimale.

découpe numérique de l'image
découpe numérique de l'image



LA DIMENSION ARTISTIQUE

* pour la capture de l'image, il faut un photographe de qualité pour réaliser la prise de vue la plus réussie possible (cadrage, luminosité et couleurs). Sans une bonne photographie, impossible de réaliser une belle reproduction. Seule la bonne combinaison de la dimension artistique avec la dimension technologique permettra une capture de qualité. Si la capture est bonne, a priori, le rendu de l'impression pourra être de qualité.

artiste photographe
artiste photographe
* pour le traitement de l'image, il faut non seulement un éditeur d'image comme Photoshop mais surtout un graphiste connaisseur d'oeuvres d'art qui pourra apprécier le rendu des couleurs (en comparant l'image sur son écran avec les reproductions de l'oeuvre sur des ouvrages d'art de référence).

retouche numérique avec Photoshop
retouche numérique avec Photoshop

* pour l'impression de l'image, il faut également des imprimeurs sachant paramétrer les couleurs et apprécier le résultat de l'impression, notamment à partir des échantillons réalisés.

imprimante pour les échantillons
imprimante pour les échantillons
* les reproductions peintes à la main sont réalisées par des artistes peintres confirmés. Les peintres utilisent la méthode du pantographe pour réaliser les contours des images à reproduire tout en les agrandissant (ou rapetissant, selon le cas). Ensuite, ils se fient à une reproduction imprimée que nous leur transmettons pour s'assurer de la fidélité des couleurs.

peinture à la main sur toile
peinture à la main sur toile

LA DIMENSION ARTISANALE


* les toiles sont vernies manuellement après avoir été imprimées. Les toiles sont étalées sur une table et venues au rouleau. Le séchage est délicat car aucune trace de vernis (comme des goutes, par exemple) ne doivent altérer la surface de l'image.

vernis passé manuellement
vernis passé manuellement sur la toile

* nos châssis en bois sont découpés et posés à la main par des artisans encadreurs expérimentés. Ce travail requiert énormément de soin et de précision. Ces mêmes personnes posent les cadres commandés par nos clients.

pose d'un châssis en bois
pose d'un châssis en bois
différents types d'encadrements
différents types d'encadrements

* l'emballage, la protection et le conditionnement des tableaux reproduits se fait manuellement afin que le tableau reçu parvienne dans de parfaites conditions, quelque soit le format de la reproduction. Ce travail est réalisé manuellement.

emballage d'un tableau de très grand format
emballage d'un tableau de très grand format
tableaux conditionnés prêts à expédier
tableaux conditionnés prêts à expédier


C'est ainsi qu'on peut définir notre entreprise à Hambourg comme un atelier de reproductions d'oeuvres d'art, mélange de maîtrise technologique, de sensibilité artistique et de savoir-faire artisanal.


Si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez pas à nous e faire part ci-dessous.



Sources
http://www.france2.fr/emissions/telematin/culture/insolite-un-atelier-de-reproduction-d-oeuvre-d-art_445488
http://repro-tableaux.blogspot.fr/2015/04/limpression-numerique-au-service-de-lart.html